L’ENTREPRISE NE PEUT CREER LE « BURN OUT » !

"Le burn out et la dépression s'ancrent durablement dans le paysage professionnel".

« 28% des salariés et 26% des managers déclarent en effet que leur travail leur a déjà causé des "problèmes psychologiques graves" au cours de leur carrière, dont ces deux pathologies ». ( Lexpress.fr le 06/12/2017).

L’entreprise est bien un environnement parmi d’autres. La définition du stress nous rappelle que c’est la perception individuelle d’une menace dans un environnement changeant, qui déclenche des réactions nerveuse, biologique, émotionnelle, comportementale (communication, addictions alcool, drogues…) physiologique et psychologique chez l’individu. Nous nous positionnons face à un changement dans notre environnement aujourd’hui, comme à l’époque de la préhistoire avec notre « vieux cerveau ». Fuite, combat ou sidération, nous rappelle Hans Selye, le « Père du stress », sont les comportements consécutifs ou de survie en face du danger réel ou perçu.

L’environnement de l’entreprise

L’entreprise est un environnement dans lequel certaines situations relatives à l’organisation du travail, dont le management, peuvent être perçues comme « menaçantes ». Deux personnes réagiront de manière différente face à une situation relationnelle toxique. Cela dépend de votre histoire personnelle, de l’estime de soi, de la conscience de la situation, de la connaissance de soi et la confiance en soi. Certains sont « paralysés » de peur, d’autres vont réagir violemment verbalement ou physiquement. Parfois, la fuite salutaire (« L’éloge de la fuite », H. Laborit), voire l’évitement, la distanciation ou la confrontation (Lazzarus & Folkman) en face d’un « prédateur humain » avec qui tout dialogue est impossible. « Mais dans tous les métiers on se dope pour tenir. On n'a jamais eu autant d'épisodes de stress aigu au travail, jamais autant de problématiques de syndromes métaboliques de prise de poids, d'envie de gras, de sucré, pour tenir au travail, de consommations de tous ordres et de toutes les drogues qui existent ». (Lexpress.fr avec AFP, publié le 13/11/2017).

Une multitude d’environnements et facteurs

Votre foyer, les transports en commun, votre vie de couple, l’éducation des enfants, le vestiaire de la salle de sport, une file d’attente, un feu rouge, une panne de voiture en forêt en pleine nuit, un déménagement, sont autant de contextes humains non-exhaustifs ou d’environnements (e.g Holmes et Rahe Scale). Dans chacun d’eux, une « alarme » de stress peut potentiellement se déclencher. Et lorsque des situations ou environnements perçus comme stressants, se cumulent et perdurent, la résistance individuelle peut s’installer jusqu’à l’épuisement, en contexte professionnel ou non (Selye - SGA Syndrome Général d’Adaptation : alerte, résistance, épuisement).

C’est le cumul de situations stressantes, supporté variablement selon les individus qui va finalement conduire à l’épuisement. Le stress est dit multifactoriel. Les facteurs de stress proviennent donc de différentes situations, environnements, sans qu’il soit possible objectivement d’accuser un contexte précis d’être responsable d’une dépression ou d’un « burn out ».

Des mécanismes inconscients

Des mécanismes psychologiques de défenses sont mis en place par les individus à leur insu en situation d’inconfort ou de « danger ». Le danger perçu est toujours une réalité pour celui qui y est confronté. On ne peut en juger. Ces mécanismes devraient être ponctuels. « Sophie se demandait rétrospectivement pourquoi elle avait eu cette réaction, ce comportement » (colère, agressivité, violence verbale, tentative de suicide…). Cela peut être un étonnement pour Sophie elle-même, comme pour son entourage. Sans les énumérer tous ici, le déni ou la rationalisation des contextes sont des mécanismes à la fois subtils et inconscients.

L’entreprise ne peut créer le Burn out

L’entreprise ne peut objectivement être tenue pour responsable de la perception individuelle d’un collaborateur. Ni coupable de l’incapacité du collaborateur à s’ajuster au stress, ou à faire face rapidement avant épuisement… « Les perceptions de Paul, ses pensées personnelles automatiques, sont le fruit des représentations en construction depuis l’enfance… » Par exemple si la perception et l’évaluation de Paul le conduit à dénier ou rationaliser le fait de sa souffrance ; les signes de stress peuvent ne pas être apparents à première vue, on ne décèle aucun signe faible ou alarmant.

Demandez à Paul s’il stress négativement, de bonne foi et avec une logique imprenable selon son paradigme, il vous répondra qu’il n’est pas concerné. En fait, après son burn out, on réalisera que Paul a toujours connu une tension mentale et physiologique constante relativement élevée. Ne pouvant comparer avec l’état de détente, tout lui semblait normal. C’est le seul état que Paul connaissait ! Ajoutez dans ce cumul historique un pour cent d’une tâche de trop, perçue comme insurmontable et vous obtenez un burn out. Parce que déni ou pas de Paul, le corps ne ment pas ! Par ailleurs, la sphère privée étant inéluctablement impliquée il est opportun pour se garantir, d’externaliser la gestion du stress auprès d’un spécialiste qui interviendra en toute confidentialité.

Dans tous les cas un collaborateur en « zone de danger potentiel » doit être assisté en prévention. Ainsi, le Burn out est la conséquence d’un processus inconscient de « résistance individuelle » dans la durée. Ce sont juxtaposition et interrelation de différents environnements et leurs facteurs de stress inhérents cumulés.

L’entreprise ne peut maîtriser ce qui relève de la conscience individuelle. Elle ne peut être tenue pour responsable de créer le Burn out. Mais le Burn out est de fait un risque et un redoutable accident de vie. Il peut être prévenu et le fruit de la performance individuelle retrouvée, peut profiter aussi à l’environnement économique de l’entreprise.

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