Suis-je une personne résiliente ?





Qu’est-ce que la résilience

« Notre plus grand triomphe n’est pas de ne jamais chuter, mais dans notre capacité à nous relever à chaque fois que nous chutons ». Confucius


Je partage brièvement l’idée qu’ « idéalement les gens devraient focaliser leurs activités – entrepreneuriales - dans des domaines de risques qui satisfont leurs besoins psychologiques fondamentaux ». [1]

La résilience est un outil de coping, c’est-à-dire d’ajustement au stress. C’est ce qui permet d’aller de l’avant.


Le stress est une réponse non spécifique du corps, une réponse d’adaptation à toute forme de changement dans notre environnement.


Par exemple, si une problématique surgit dans le cadre de notre activité professionnelle, cela représente un changement. C’est donc une tension du corps avec sa réponse non-spécifique d’adaptation. Le risque est dans la durée, une phase de résistance trop longue…


L’employeur peut observer une baisse de moral, ou chute de performance d’un ou plusieurs collaborateurs, en des temps différents ou non. Soit, chacun à son tour, avec des intensités variables selon les individus… Dans tous les cas la productivité de l’entreprise est impactée.


Lazarus & Folkman dans le Modèle transactionnel évoquent les huit stratégies de coping, dont la Résolution de problème souvent mise en avant.


Avons-nous tous de la résilience

Depuis la nuit des temps l’être humain s’adapte. Confronté à différents contextes de vie dans des environnements parfois hostiles, l’homme a appris sur le terrain à résoudre ses problèmes.

Des mécanismes de protection et de survie sont donc bien intégrés dans notre cerveau, de longue date. Il s’agit de se tenir ferme, debout, dans l’adversité. Certains problèmes de nos jours ou situations, comme un décès, un trauma, une faillite d’entreprise sont des revers et défis. Parfois de taille !

Lorsque le problème définitif ne peut être résolu, cela pose un autre problème, celui de la capacité à se reconstruire.


La résilience permet à chacun de s’adapter au stress, à l’adversité, aux perturbations de nos vies…


Suis-je une personne résiliente ? Oui, mais pas toujours ! La rationalité souvent évoquée et mise en œuvre pour résoudre un problème, ne doit pas reposer sur un dysfonctionnement de notre système de pensée inconscient.


Nos systèmes de régulations automatiques de survie peuvent être en surcharge mentale ou endommagés. Echec d’une capacité de résilience originelle.


C’est bien là que la dimension de Résistance intrinsèque au concept « résilience », peut mener à « l’accident psychique ». Un objectif de coaching bien que rationnellement « SMART » peut ainsi conduire au burn out, ou pire…


Comment améliorer la résilience

Résoudre les problèmes et faire face sont des défis quotidiens. Nous ne sommes pas égaux par rapport à nos capacités à gérer le stress. Des éléments liés à notre vécu, notre personnalité, notre psyché (conscient, inconscient de la personnalité) interviennent.

Par voie de conséquence, la résilience comme outil de coping, ou d’ajustement à la situation de tension, varie d’une personne à l’autre. Vous comprenez bien par exemple, que si la difficulté devant être dépassée aujourd’hui, rencontre l’obstacle d’un ancien trauma, chaque cas est particulier.


« Il n’y a pas de pure mesure quantitative des traumatismes. Une même épreuve peut être vécue de façon très différente, chaque personne possède sa façon de traiter et d’activer de façon spécifique des processus intrapsychiques qui lui appartiennent. Les travaux de Bernard et Dubard Barbosa, (2016) ont mis en évidence l’impact de l’histoire de vie, et des blessures traumatiques sur la décision d’entreprendre ».[2]


« Comme l’ont démontré, les experts et en particulier Boris Cyrulnik, la résilience est avant tout un processus, un processus qui se met en place après une expérience traumatisante ». [3]


La résilience en somme, comme outil de coping en situation de stress post-traumatique…

Un accompagnement quel qu’il soit, dans le déni du possible passé traumatique du patient ou du collaborateur sera incomplet, voire dangereux.


Par exemple, l’accompagnant qui devient « tyran » malgré lui. Une « case study » en psychologie, illustrant la Formation-réaction : « Je veux tant aider l’autre, pour différentes raisons, que j’en deviens inconsciemment cynique ou abusif et parfois dangereusement tout-puissant ».


Jusqu’où va la résilience ? C’est-à-dire à quel moment le collaborateur passera de la résilience-résistance sans risque pour sa santé, à la zone de risque de résistance « tout court » ?

Nous savons qu’une résistance inconsidérée ou aveugle de déni mène à terme, vers la phase d’épuisement (burn out notamment). C’est bien une question de frontière, de limite et de risque de chute.


Certaines personnes ont heureusement trouvé la solution pour améliorer leur résilience, mais sans risquer le dépassement de leur limite personnelle de stress.


Jacques C. Tresfield



[1] Shepherd, D., Patzelt, H. & Wolfe, M. (2011). Moving forward from project failure: Negative emotions affective commitment and learning from experience. Academy of Management Journal, 54(6), 361–380.anagement, 373. [2] Ionescu, S., Mazurek, H. (Coord.) (2020) Pratiques basées sur la résilience. [3] Bernard, M.J., Dubard Barbosa, S. (2016). Résilience et entrepreneuriat : Une approche dynamique et biographique de l’acte d’entreprendre. M@n@gement, 19 (2), 89-123.

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